Ensemble, pour qu’aucun enfant ne reste seul.
ADELIE va à la rencontre des élèves trois fois dans l’année scolaire, dans la même classe, avec le même intervenant d’un bout à l’autre de l’année. Notre ambition : reprendre ce cycle à trois âges de la scolarité, à l’école, au collège et au lycée.
On parle beaucoup des violences faites aux enfants. On en parle rarement avec les enfants.
Et quand on le fait, c’est une fois dans l’année, devant une classe entière, par un intervenant que les élèves ne reverront probablement jamais.
Une fois ne suffit pas. Pas parce que le message serait mauvais, mais parce qu’un enfant ne parle pas sur commande. Il parle quand il a compris, quand il se sent en sécurité, et quand il sait à qui s’adresser. Cela demande du temps, de la confiance, et des visages familiers.
C’est de ce constat qu’est né notre programme, bâti sur notre propre règle de trois : trois séances dans l’année, trois thématiques, trois âges dans la scolarité.
Plus de révélations à un adulte de confiance quand l’enfant a suivi un programme scolaire de prévention.
Source à compléter par l’association.
C’est pourquoi ADELIE va à la rencontre des enfants.
Trois séances, dans la même classe, avec le même intervenant. Chaque temps porte une thématique, et chacun suppose acquis ce qui a été vu au précédent.
La différence entre un conflit et une violence. Ce qu’est le harcèlement et comment il fonctionne. La place du témoin et celle du groupe. Les violences en ligne, qui prolongent celles de la cour. Ce qu’un adulte n’a pas le droit de faire. Les droits de l’élève, et les personnes à qui il peut s’adresser.
L’élève en repart avec : un vocabulaire commun, un visage, et la certitude qu’il a des droits, y compris face à un adulte.
Ce qu’une famille a le droit de faire, et ce qu’elle n’a pas le droit de faire. Les formes que prennent les violences (physiques, psychologiques), y compris celles dont on est témoin sans les subir soi-même. Le fait qu’un enfant n’est jamais responsable de ce qu’il subit.
L’élève en repart avec : des repères pour qualifier ce qu’il vit ou ce qu’il observe.
Le consentement : le demander, le donner, le refuser, respecter un refus. Le mécanisme de l’emprise et du secret. Le sexisme ordinaire et ce qu’il prépare. Ce que la loi qualifie et ce qu’elle punit. Ce qui se passe réellement lorsqu’une victime porte plainte.
L’élève en repart avec : des droits, des recours, et des noms.
Trois séances, pas une, avec la même personne. À la première séance, les élèves écoutent. À la deuxième, ils reconnaissent l’intervenant. À la troisième, ils lui parlent. La confiance est une affaire de temps, pas de qualité du discours.
C’est le sujet le plus proche, le plus visible, et le seul dont on puisse parler à voix haute devant ses camarades sans rien révéler de soi. Une classe est légitime à en parler, elle le vit ensemble. Cette première séance installe le vocabulaire, le cadre et la confiance sans exposer personne, et elle apprend surtout aux élèves qui nous sommes.
Au deuxième temps, l’intervenant n’est plus un inconnu. Et le calendrier compte : au milieu de l’année, un enfant qui a quelque chose à dire a encore une séance devant lui et plusieurs mois d’école. Le même sujet abordé en fin d’année ne lui laisserait que quelques semaines, puis l’été, c’est-à-dire la période où il perd l’école, seul lieu où des adultes le voient.
C’est le sujet qui demande le plus de maturité de groupe et le plus de cadre, et c’est celui où le droit est le plus précis (consentement, qualification pénale, recours). C’est donc là que des intervenants praticiens apportent le plus. C’est aussi là que sont traitées les violences sexuelles quel qu’en soit l’auteur, y compris à l’intérieur de la famille.
Notre ambition est de reprendre le cycle à trois âges, avec un contenu qui s’approfondit à chaque fois. Un écolier, un collégien et un lycéen ne vivent pas les mêmes violences, ne les nomment pas de la même façon et n’ont pas les mêmes recours.
La dernière fenêtre avant le collège et avant le téléphone. On pose les mots : mon corps, mes limites, ce qu’un adulte n’a pas le droit de faire, et l’adulte de confiance à qui le dire.
L’âge où se jouent le harcèlement et les premiers rapports entre pairs, en classe comme en ligne. On apprend à qualifier : le consentement, l’emprise, le numérique, l’égalité entre filles et garçons.
L’âge où les droits deviennent exerçables et où l’on devient le recours de quelqu’un d’autre. On travaille ce que dit la loi, ce qu’est une plainte, ce qu’est un signalement, et ce qui se passe réellement après.
Le niveau exact se cale avec l’établissement et avec l’autorité académique, à l’intérieur de chacun des trois âges.
Nous ne nous adressons pas à un public indifférencié : nous accompagnons une cohorte, à trois moments de sa scolarité, avec un contenu construit pour chaque âge. Ce n’est pas le même message répété, c’est un socle qui s’épaissit à mesure que l’enfant grandit.
Trois temps encadrent chaque séance, et deux d’entre eux ne se voient pas.
Un échange préalable permet de connaître la classe, d’identifier les situations déjà repérées et d’adapter la séance. Nous n’arrivons pas en terrain neutre, nous arrivons informés. Cet échange est approfondi avant la première séance, plus bref ensuite.
La séance est toujours co-animée par un intervenant d’ADELIE et un personnel de l’établissement. Ni descendante, ni culpabilisante, ni anxiogène. À aucun moment nous ne sollicitons le vécu personnel des élèves : nous travaillons sur des situations tierces (récits, cas, supports), jamais sur ce que vivent celles et ceux qui sont dans la salle.
Une présence discrète mais disponible à l’issue de chaque séance. C’est là que se dit ce qui ne se dit pas devant les autres. Ce temps n’est pas une option, c’est la raison d’être du programme. Il est le plus long au temps consacré aux violences intrafamiliales, et il est suivi, le jour même, d’un point avec l’équipe éducative.
Nos intervenants sont des professionnels en exercice : juristes, avocats, magistrats, médecins, travailleurs sociaux, personnels de l’éducation. Ce sont les métiers qui composent ADELIE. Un adolescent distingue immédiatement celui qui récite un contenu de celui qui l’a vécu professionnellement. Un praticien sait ce qui se passe réellement après un signalement, combien de temps dure une procédure, ce qu’un juge peut et ne peut pas faire. Il ne promet pas ce qui n’existe pas.
Le dire clairement nous paraît une condition de sérieux.
Ce n’est pas un dispositif de repérage. Nous ne dressons aucune liste d’élèves.
Ce n’est pas une prise en charge. Nous orientons, nous n’accompagnons pas cliniquement.
Ce n’est pas un circuit parallèle. Nous ne nous substituons ni au 119, ni à la cellule départementale, ni aux obligations de signalement qui pèsent sur les personnels de l’établissement.
Ce n’est pas un enseignement. Nous intervenons en appui des équipes, jamais à leur place.
Dans les dispositifs qui existent déjà, qu’il vient compléter et jamais remplacer : les séances annuelles d’éducation à la vie affective, relationnelle et à la sexualité prévues à l’article L. 312-16 du code de l’éducation, le programme EVARS entré en application à la rentrée 2025, le programme pHARe contre le harcèlement, le plan de lutte contre les violences sexuelles intrafamiliales, et la stratégie nationale de développement des compétences psychosociales. Nos contenus sont mis en correspondance niveau par niveau avec ces programmes, et calés sur le projet d’établissement.
ADELIE sollicite l’agrément d’association éducative complémentaire de l’enseignement public, prévu aux articles D551-1 et suivants du code de l’éducation, auprès du rectorat de l’académie de Poitiers.
Des professionnels en exercice, membres d’ADELIE, formés à l’animation en classe, engagés par une charte et soumis au contrôle d’honorabilité. Un livret pédagogique commun garantit que le programme reste le même quel que soit l’intervenant.
Un protocole écrit s’applique, arrêté avec l’établissement et articulé avec la cellule départementale de recueil des informations préoccupantes. Un point est fait avec l’équipe éducative le jour même. ADELIE ne se substitue à aucune obligation de signalement.
Le programme se construit avec les équipes, établissement par établissement. Si vous souhaitez en discuter, écrivez-nous : nous nous déplaçons en Charente pour vous le présenter. Le déroulé détaillé des séances et les modalités d’organisation vous sont envoyés sur demande.